Recherche

Les projets de recherche du laboratoire sont axés sur la connaissance des systèmes constructifs et des matériaux qui caractérisent la production architecturale du XXe siècle et les différentes stratégies de projet qu’y sont liées. Ces intérêts scientifiques sont d’ailleurs une thématique centrale dans l’enseignement développé au sein du laboratoire.

Le projet dans l’existant, qu’il s’agisse d’interventions de récupération et/ou de reconversion fonctionnelle, de rénovation ou de restauration conservative ou d’expertises techniques et constructives, exige en effet la maîtrise théorique et pratique de stratégies de projet ad hoc, basée sur des instruments critiques et opératoires appropriés.

Le projet commence par la connaissance historique, en considérant l’anamnèse de l’objet et en enquêtant sur les différents aspects qui en définissent les caractéristiques intrinsèques et sa contextualisation. L’histoire matérielle du bâti et l’enquête historico-critique, complétés par un diagnostic des dégradations et des manques et d’élaborations à thématiques multiples, se révèlent donc les instruments spécifiques et appropriés pour la connaissance, utiles pour relever le potentiel de projet et définir les stratégies d’intervention.

Les recherches développées par le TSAM se situent dans ce champ disciplinaire, qu’il s’agisse du Cooperation Projet – CUS de Critical encyclopaedia of re-use and restoration of twentieth-century architecture, au Projet d’amélioration thermique enveloppes de la Cité du Lignon à Genève, ou encore du Recensement de l’œuvre architecturale du bureau Georges Addor finalisé à l’élaboration de recommandations pour sa sauvegarde.

Critical encyclopaedia of restoration and re-use of twentieth-century architecture

 

Project funded by the CUS (Swiss university conference) Research undertaken in the framework of the « Swiss cooperation project in architecture », EPFL in collaboration with the Accademia di architettura – USI, the EPFZ and Scuola Universitaria Professionale della Svizzera Italiana- SUPSI

 

September 2008 – December 2012

Design for existing structures, whether concerned with rehabilitation or functional refurbishment, restoration or conservation, or with technical-constructional skills, requires capability and practical knowledge of ad hoc design strategies supported by suitable critical and operational tools. Suitable strategies and techniques do not yet feature in current design teaching in Swiss colleges, yet they ought to be part of the course programmes followed by architecture students, especially as 70% of the work currently carried out in the country is concerned with existing building stock.

Recent successes in re-use and rehabilitation, from cases of individual buildings to urban schemes, whether concerned with traditional heritage or twentieth-century architecture, have shown how design begins with the study of history, leading to a reconstruction of the past life of the object and an examination of the various aspects that define its intrinsic character in relation to a precise context. Study of the material history of built structures (including the essential work of geometric survey and material-constructional analysis), together with historical and critical investigation, supported by diagnostic evaluation of the object’s state of preservation and by thematic assessment at several levels, are therefore key instruments. They are central to developing an understanding of the object and useful in uncovering design potential and defining strategies for intervention.

This project aims to develop and publish a « Critical encyclopaedia of restoration and re-use of twentieth-century architecture ». The term « encyclopaedia » refers to the systematic sorting of knowledge and its delivery in an ordered and organic form; the adjective « critical » underlines the selective and non-exhaustive nature of the project.

Etude architecturale et énergétique des enveloppes de la Cité du Lignon (Genève, 1963-1971)

/webdav/site/tsam/shared/lignon002_2.jpgOffice du patrimoine et des sites – DCTI – Canton de Genève
ScanE -Service de l’Energie – DT – Canton de Genève
Comité Central du Lignon

Franz Graf 
Giulia Marino 

En collaboration avec le Groupe Energie – PSE -Université de Genève et Sorane SA – rationalisation énergétique
juin 2008 – mai 2011

Réalisée entre 1963 et 1971, la cité-satellite du Lignon à Genève (Georges Addor, Dominique Julliard, Louis Payot, Jacques Bolliger architectes) est considérée comme la plus spectaculaire opération de logements de l’après-guerre en Suisse. Son caractère pionnier, l’originalité du principe d’implantation, l’innovation des choix constructifs et techniques ainsi que son indéniable valeur sociale lui valent d’être reconnue comme objet exceptionnel, bien au-delà des frontières nationales. L’adoption d’un plan de site, en mai 2009, établit clairement, par une mesure de protection bien adaptée à la dimension du projet, sa valeur patrimoniale, voire son statut de Monument.
Face aux nouveaux impératifs de réduction des consommations énergétiques, une stratégie de sauvegarde s’impose, un outil de conservation préventive capable de mettre dans le juste équilibre les aspects patrimoniaux, les contraintes économiques et les enjeux énergétiques. Le projet pilote de « sauvegarde et amélioration thermique » des 125’000 mètres carrées d’enveloppes curtain-wall du Lignon conduit par le laboratoire des Techniques et de la Sauvegarde de l’Architecture Moderne de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) entre 2008 et 2011 répond à cet objectif.
 

 

Les immeubles pour les Organisations internationales à Genève. Etude patrimoniale et stratégies d’intervention

– Mission permanente de la Suisse auprès de l’Office des Nations Unies à Genève – Confédération suisse

– Office du patrimoine et des sites – DALE – Canton de Genève

– Fondation des Immeubles pour les Organisations Internationales – FIPOI

 
Franz Graf
Giulia Marino
 
 février 2014 – février 2016

Après les concours pour le BIT (1923-1926) et le Palais des Nations en (1926-1928) dans l’entre-deux-guerres, après 1945, le siège de l’OMS de Jean Tschumi (1960-1966) inaugure une saison de réalisations d’envergure qui marquent le paysage de la zone internationale, aujourd’hui ponctuée par de nombreuses architectures assurément remarquables. Du nouveau siège de l’OIT par Eugène Beaudouin, Alberto Camenzind et Pier Luigi Nervi, à l’ensemble de bâtiments conçus par les architectes André et Didier Bordigoni pour l’UIT, ou encore le très médiatisé siège l’OMPI, la production liée à la Genève internationale offre un aperçu saisissant de l’architecture administrative de qualité du second après-guerre.
La valeur patrimoniale de quelques exemples particulièrement significatifs est aujourd’hui amplement partagée. Afin de garder leurs atouts de représentation ainsi que leur fonctionnalité, la planification d’interventions comportant une remise aux normes conséquente – notamment face aux enjeux de sécurité et aux nouveaux impératifs énergétiques – est indispensable. La mise en place d’une stratégie appropriée, en mesure de préserver la valeur architecturale et historique des bâtiments s’impose.
Dans ce cadre, le laboratoire TSAM est mandaté conjointement par la Mission permanente de la Suisse auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, la FIPOI et l’Office du Patrimoine et des Sites du canton de Genève pour une étude globale. Elaborées à partir de l’étude historique approfondie et une analyse matérielle minutieuse de ce corpus exceptionnel, les recommandations issues de l’étude patrimoniale se veulent un outil opérationnel d’aide à la décision en relation aux interventions futures.
 
 
 

La buvette de la source Cachat, (Jean Prouvé, Maurice Novarina, Evian, 1956-1957)

 
 
 
 
Fédération des Architectes Suisses – FAS
 
Section Romandie
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Franz Graf
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Giulia Marino

 

 

 

 

 

 

2016

 

A l’étude depuis 1947, la Buvette de la source Cachat à Evian-les-Bains est construite pour la Société des eaux minérales d’Evian (SAEME) entre 1956 et 1957. Mandaté par la SAEME, l’architecte Maurice Novarina fait appel à l’ingénieur-constructeur Jean Prouvé pour la conception et la réalisation. Le constructeur de Nancy saura concrétiser et interpréter les esquisses de l’architecte, produisant une œuvre emblématique. Qu’il s’agisse de la succession des béquilles asymétriques articulées en tôle d’acier pliée, des splendides enveloppes transparentes soutenues par les profilés extrudée en aluminium, ou encore de la suggestive courbure donnée par la couverture en panneaux en bois contrecollé type Rousseau, les choix constructifs et techniques participent de plein droit à la définition d’une spatialité très accomplie.

Le TSAM intervient dans le rôle d’expert dans la phase préalable à la restauration afin d’établir une étude patrimoniale ciblée. L’étude est conçue dans le but de constituer une base documentaire exhaustive de l’objet architectural (historique et matérielle) intégrant des recommandations visant à sa sauvegarde.

 

 

L’appartement-atelier de Le Corbusier 24NC (1931-2014)

 

Fondation Le Corbusier, Paris

 

 

Franz Graf
Giulia Marino

 

 

janvier-juillet 2014

 

L’appartement-atelier au 24, rue Nungesser et Coli à Paris occupe les deux derniers niveaux de l’Immeuble Molitor (1931-1934), œuvre emblématique des architectes Pierre Jeanneret et Le Corbusier. L’appartement-atelier, où ce dernier habita de 1934 à sa mort, en 1965, appartient aujourd’hui à la Fondation Le Corbusier qui envisage d’entreprendre des travaux de restauration conséquents.
Le laboratoire TSAM intervient dans le rôle d’expert dans la phase préalable afin d’établir une étude patrimoniale. Cette lecture sur la longue durée – du chantier de 1931 à aujourd’hui, en passant par ses nombreuses transformations  –, volontairement axée sur les données matérielles, constitue une base documentaire exhaustive de l’objet architectural et intègre des recommandations détaillées sur sa sauvegarde. Encouragée par une bourse de la Getty Foundation dans le cadre du programme « Keeping it Modern », l’étude se veut à la fois un outil d’aide à la décision pour la Fondation Le Corbusier et un document de support opérationnel pour les architectes chargés des études préalables ainsi que du projet de restauration-conservation.

 

 

L’Ancienne usine SICLI (Genève, 1966-1970) : étude patrimoniale

 
Office du patrimoine et des sites – DALE – Canton de Genève
 
 
Franz Graf
Yvan Delemontey
 
juin 2013 – février 2014  
 

 

 

Conçu et réalisée par l’architecte Constantin Hilberer et l’ingénieur Heinz Isler entre 1966 et 1970, l’ancienne usine SICLI – aujourd’hui Pavillon SICLI – est reconnue parmi les bâtiments d’intérêt du XXe siècle à Genève et en Suisse, comme l’atteste son inscription à l’inventaire cantonal en août 2012. Objet phare du quartier industriel de la Praille-Acacias,  l’usine est construite pour abriter l’administration, la logistique et la production de la société SICLI SA (Secours Immédiat Contre L’Incendie), entreprise spécialisée dans la fabrication et la distribution de matériels de lutte contre le feu. Elle se compose de deux volumes de tailles différentes réunis sous une seule coque asymétrique appuyée en sept points. D’une extrême finesse, ce voile en béton précontraint aux formes libres fait du bâtiment genevois l’une des réalisations les plus originales et les plus sophistiquées du célèbre ingénieur suisse récemment disparu. L’étude patrimoniale du TSAM répond à un double objectif : définir clairement les valeurs du bâtiment et guider l’actuelle mise en conformité au feu permettant l’accueil du public dans le cadre de sa nouvelle affectation, à savoir un lieu culturel destiné à l’urbanisme, à l’architecture et au design.
 
 

Patrimoine moderne, énergie, économie : stratégies de sauvegarde

 Avanchet Parc Genève

Stiftung zur Förderung der Denkmalpflege

 

Franz Graf

Mélanie Delaune Perrin
Giulia Marino

novembre 2012 – en cours

 

 

L’impératif de réduction des consommations dans le secteur du bâtiment et d’intégration des ressources renouvelables est désormais reconnu comme une véritable priorité dans l’objectif de la société à 2’000 Watts. Par sa spécificité constructive et typologique, le patrimoine de la deuxième moitié du XXe siècle se révèle particulièrement fragile face aux nouvelles exigences des législations fédérales, cantonales et communales. Comme le mettent clairement en évidence les recommandations élaborées conjointement par l’Office fédéral de l’énergie et la Commission fédérale des monuments historiques en juillet 2009, la difficulté de concilier le respect de la valeur patrimoniale avec les contraintes énergétiques impose des stratégies préventives étudiées ad hoc. Les recherches développées au sein du laboratoire TSAM ces dernières années, intègrent cette exigence fondamentale. La connaissance exhaustive de l’objet construit est le point de départ, d’une démarche globale fondée sur une pesée des intérêts minutieuse et capable de ménager les domaines de la sauvegarde du patrimoine moderne et de l’économie d’énergie.

http://stiftung-denkmalpflege.ch/

 

 

L’Amphipôle de l’UNIL (Ecublens, 1968-1970) : étude patrimoniale

 
Service Immeubles, Patrimoine et Logistique (SIPAL) – DFRE – Canton de Vaud

 

Franz Graf
Yvan Delemontey

 

avril-octobre 2014

 

Réalisé par l’architecte Guido Cocchi de l’Atelier des architectes associés (AAA) entre 1968 et 1970, le Collège propédeutique de la Faculté des sciences (aujourd’hui dénommé Amphipôle) de l’Université de Lausanne (UNIL) est le tout premier bâtiment du nouveau campus universitaire de Dorigny. Symbole de ce vaste projet urbain, l’Amphipôle est conçu sur une trame modulaire de 7,20 mètres, « nappe » homogène particulièrement en vogue à l’époque (Université de Marburg, Université libre de Berlin, Université de Toulouse-le-Mirail, Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, etc.). Sa volumétrie et sa matérialité traduisent l’hétérogénéité du programme : soit un vaste hall de déambulation, sorte de « grand parapluie » préfabriqué en structure métallique légère abritant les auditoires, prolongé de deux ailes de laboratoires de quatre niveaux chacune dont la structure, plus lourde et durable, est en béton armé. Cette opposition est magnifiée par l’utilisation habile de la pente du terrain dans laquelle le bâtiment vient « se caler ». Face aux importants besoins de surfaces de l’UNIL (manque d’auditoires, engorgement des salles de cours), l’Amphipôle fait depuis 2010 l’objet de réflexions concernant sa rénovation et son extension. Dans ce cadre, la présente étude patrimoniale vise à déterminer les valeurs de cet édifice et, par ses recommandations, à orienter l’étude de programmation et de faisabilité en cours en vue du lancement prochain d’un concours d’architecture.

 

 

L’ensemble du quai du Seujet (Genève, 1972-1976) : construire la ville en ville, étude patrimoniale

 
Ville de Genève – Conservation du patrimoine architectural
 
 
 
 
Franz Graf
Mélanie Delaune Perrin
 
décembre 2012 – novembre 2013
 
L’ensemble, conçu et réalisé pour la Ville de Genève entre 1972 et 1976 par les architectes Jacques Bolliger et Dominique Julliard sur la base d’un plan d’aménagement de Georges Addor, est concerné par le projet de rénovation des grands ensembles mené par le Département des constructions et de l’aménagement de la Ville de Genève (2008). Ce projet touche les quatre plus gros ensembles de logements propriétés de la Ville réalisés dans les années 1960 et 1970, à savoir Cité-Jonction (1961-1964), les Asters (1966-1972), les Minoteries (1971-1976) et le Seujet (1972-1976). Les processus de construction/rénovation qui vont en découler devront intégrer un objectif de haute performance énergétique. Sur la base d’une étude historique et d’une analyse architecturale, la présente recherche a pour but d’établir des recommandations en matière d’interventions, issues de la valeur patrimoniale de l’ensemble du Seujet.
 
 

L’oeuvre de Georges Addor architecte (1920-1982): inventaire, évaluation qualitative, recommandations

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Office du patrimoine et des sites – DCTI – Canton de Genève

Franz Graf

Mélanie Delaune Perrin
Giulia Marino

janvier 2009 – juin 2013

L’étude de l’oeuvre de l’architecte Georges Addor, conçue sur le même principe que la recherche sur les frères Honegger (OPS, DCTI, Canton de Genève, prof. Franz Graf directeur de recherche, 2006-2008) répond à un triple objectif : il s’agit tout d’abord de fournir un état des lieux de la production de l’architecte sous la forme d’un inventaire complet des réalisations d’importance, complété par une recherche documentaire exhaustive. Il s’agit ensuite de présenter une lecture critique et une évaluation qualitative des objets constituant cette oeuvre, et de fournir enfin des éléments de recommandations auxquels le service des monuments et des sites peut se référer lorsque qu’il est confronté à des propositions d’interventions, dans le cadre de projets de transformations et/ou de rénovations.